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Digi menace de quitter le Portugal : l'opérateur conteste le renouvellement des fréquences de Meo, NOS et Vodafone

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Digi menace de quitter le Portugal : l’opérateur conteste le renouvellement des fréquences de Meo, NOS et Vodafone

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Arrivé sur le marché portugais en 2024, l’opérateur Digi a évoqué le 23 octobre, à Lisbonne, un possible départ du pays. En cause : le projet de l’ANACOM de prolonger sans mise en concurrence les fréquences de ses trois grands rivaux, qui expirent en 2027. Ce que Digi reproche au régulateur, ce qu’il demande, et pourquoi vos forfaits mobiles sont concernés.

« Um dos desfechos pode ser sairmos de Portugal » : « l’une des issues peut être notre départ du Portugal ». La phrase est de Valentin Popoviciu, directeur exécutif du groupe Digi, prononcée le vendredi 23 octobre lors d’une conférence de presse à Lisbonne, selon le journal ECO. Il a ajouté : « Se não tivermos os recursos apropriados, a legislação certa, nunca se sabe » (« si nous n’avons pas les ressources adéquates, la bonne législation, on ne sait jamais »). Ce n’est pas une décision : la question, a-t-il précisé, se posera plus tard, et Digi réclame les moyens de ne pas en arriver là.

Ce que Digi reproche à l’ANACOM

Le différend concerne les fréquences mobiles, par lesquelles passent appels et données. Plusieurs droits d’utilisation détenus par Meo, NOS et Vodafone expirent en 2027. En 2025, les trois opérateurs en ont demandé le renouvellement pour vingt ans. L’ANACOM, le régulateur portugais des communications, a adopté un projet de décision daté du 29 juin 2026 qui les renouvelle, mais pour des durées plus courtes : jusqu’au 21 avril 2033 pour une partie des bandes, jusqu’en novembre 2041 ou janvier 2042 pour d’autres. Le régulateur évalue ce renouvellement à 550,3 millions d’euros.

Pour Digi, le problème est que ces fréquences seraient reconduites sans mise en concurrence. Selon son communiqué du 23 octobre, le projet concerne 487 MHz, dont 140 MHz que les titulaires n’avaient pas demandés. Sous 1 GHz, les bandes basses qui couvrent de longues distances et pénètrent les bâtiments, Digi indique détenir 10 MHz, contre 50 pour Meo et 60 chacun pour NOS et Vodafone. L’opérateur estime que la décision figerait la structure du marché jusqu’aux années 2040.

Ce que demande l’opérateur

Digi demande que les droits qui expirent en 2027 soient attribués par une procédure concurrentielle, avec un plafond par opérateur et un bloc réservé à celui qui détient le moins de fréquences basses. Si l’ANACOM maintient le renouvellement, il pose trois conditions :

  • attribuer à l’opérateur le moins doté sous 1 GHz le bloc de 2 × 5 MHz de la bande des 700 MHz, non attribué depuis 2021 ;
  • lier le renouvellement à des obligations de partage de fréquences et d’accès, dont l’itinérance nationale jusqu’à l’achèvement du réseau de Digi ;
  • ne pas renouveler les 140 MHz non demandés et aligner les échéances sur le 21 avril 2033.

À l’appui, Digi a remis à l’ANACOM une étude de Lisbon Economics, coordonnée par l’économiste Abel Mateus, ancien président de l’Autorité de la concurrence (AdC). Elle estime que les consommateurs pourraient perdre jusqu’à 3,5 milliards d’euros de gains sur quinze ans. Il s’agit d’une étude commandée par une partie intéressée.

Un régulateur critiqué des deux côtés

Digi n’est pas seul à contester. L’Autorité de la concurrence a recommandé le 9 octobre des procédures concurrentielles et des renouvellements conditionnés à des accords d’accès, dont l’itinérance nationale. Les trois opérateurs historiques critiquent eux aussi le projet, pour la raison inverse : ils voulaient des licences plus longues. Leur association, Apritel, juge que « a solução proposta constitui uma decisão errada e profundamente prejudicial para Portugal ». La consultation publique, prolongée à la demande de Digi, s’est achevée le 9 octobre. Aucune date de décision finale n’a été annoncée.

La présence de Digi a-t-elle aiguisé la concurrence ?

Les chiffres publics vont dans ce sens, sans permettre de mesurer la part qui revient à Digi seul. L’année de son arrivée commerciale, en novembre 2024, les prix des télécommunications au Portugal avaient augmenté en moyenne de 6,9 %, la plus forte hausse depuis juin 1994, alors qu’ils reculaient de 0,3 % en moyenne dans l’Union européenne, selon l’ANACOM. Dès décembre 2024, le régulateur relevait que Digi proposait la mensualité minimale la plus basse pour sept services ou offres.

La courbe s’est ensuite retournée. En août 2026, selon l’indice des prix à la consommation repris par l’ANACOM, les prix des télécommunications étaient inférieurs de 4,3 % à ceux d’août 2025. Sur douze mois, ils ont baissé en moyenne de 2,6 %, quand ils augmentaient de 1,9 % dans l’Union : c’est la deuxième plus forte baisse des Vingt-Sept, derrière l’Autriche. Ce mois-là, Digi affichait la mensualité minimale la plus basse dans neuf des onze offres comparées par le régulateur. Les marques à bas prix des trois opérateurs historiques ont elles aussi baissé : en 2026, leur forfait le moins cher est passé à cinq euros, selon le site ZAP.

L’Autorité de la concurrence considère Digi comme un concurrent à préserver : selon elle, renouveler l’ensemble des fréquences des trois grands opérateurs « limita as possibilidades de expansão da Digi e de entrada de operadores » (« limite les possibilités d’expansion de Digi et d’entrée de nouveaux opérateurs »), rapporte le Jornal de Negócios. Meo, NOS et Vodafone mettent en avant, de leur côté, les investissements qu’exigent leurs réseaux.

Et pour les abonnés ?

Pour l’instant, rien n’est tranché : l’ANACOM n’a pas rendu sa décision, et Digi n’a annoncé aucun calendrier de retrait. Digi ne compte encore qu’environ 3 % des clients mobiles, selon le site ZAP. L’enjeu, ce sont les prix : selon l’étude commandée par Digi, le montant moyen payé par client mobile est passé de 8,37 à 7,97 euros par mois au cours de la première année complète après son arrivée, soit une baisse de 4,8 %. Quelle que soit l’issue, la décision de l’ANACOM dessinera le marché mobile portugais pour les quinze prochaines années.

Notre analyse

Une menace de départ est aussi un argument de négociation. En l’évoquant deux semaines après la clôture de la consultation publique, Digi place le régulateur devant un choix : la stabilité réclamée par Meo, NOS et Vodafone, qui veulent des licences longues pour investir, ou la concurrence, que l’Autorité de la concurrence et Digi lient à un meilleur partage des fréquences.

Les deux camps contestant le projet, l’ANACOM garde une marge pour l’amender dans un sens ou dans l’autre. Pour les abonnés, la vraie question n’est pas tant le départ de Digi, qui reste une hypothèse, que le niveau de concurrence que la décision finale permettra de maintenir.

Dernière mise à jour : 27/10/2026

Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle, relu, modifié et validé par François Wilman.

Cet article a été rédigé avec soin, mais peut comporter des erreurs ou des informations datées. Recoupez toujours les informations importantes auprès des sources officielles avant de vous en servir.

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