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Blocus au lycée Charles Lepierre : la chienlit française atteint Lisbonne, où sont les parents ?

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Blocus au lycée Charles Lepierre : la chienlit française atteint Lisbonne, où sont les parents ?

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Édito

Le 8 octobre, la direction du lycée français Charles Lepierre de Lisbonne a annulé les cours de la matinée pour désamorcer un blocus d’élèves solidaires du mouvement lycéen français. Que la contestation française passe les Pyrénées n’étonnera personne. Une question reste entière, ici comme en France : que font les parents ?

Jeudi 8 octobre, à Lisbonne, le lycée français Charles Lepierre, qui scolarise plus de deux mille élèves de la maternelle à la terminale, a suspendu ses cours pour la matinée. Motif : des lycéens avaient prévu un blocus devant l’établissement, avec pancartes, fumigènes et musique, en soutien aux mobilisations lycéennes qui secouent la France. Pour éviter d’éventuels débordements, la direction a préféré annuler les cours. Le lycée a rouvert à 14 heures. La chienlit française a donc atteint le Portugal, et il lui a suffi d’une annonce pour vider une école une demi-journée.

Une révolte d’importation

En France, le mouvement a des motifs, que chacun jugera : classes surchargées, bâtiments vétustes, professeurs absents non remplacés, réforme de Parcoursup jugée opaque. Le 6 octobre, le ministère de l’Éducation nationale recensait 891 établissements aux cours suspendus, totalement ou partiellement. Le gouvernement lui-même a jugé les revendications légitimes, tout en condamnant les violences.

Mais à Lisbonne ? Le blocus annoncé ne visait pas l’établissement : il se voulait un geste de soutien aux lycéens de France. Le lycée Charles Lepierre affichait d’ailleurs en juillet 100 % de réussite au baccalauréat et 87 % de mentions. On ne proteste pas ici contre une école défaillante : on rejoue, à l’autre bout de l’Europe, une scène vue sur les réseaux sociaux. Le compte Instagram ouvert pour organiser l’opération a depuis été supprimé. Une solidarité qui naît sur Instagram et s’y éteint ressemble moins à un engagement qu’à une mode.

Ici comme en France, que font les parents ?

Reste la question qui fâche. Un blocus de lycée n’est pas une manifestation d’adultes : ce sont des mineurs, devant des grilles, avec des fumigènes. En France, le bilan devrait faire réfléchir toutes les familles : selon Matignon, 215 élèves ont été blessés depuis le début du mouvement, et plus de 6 000 personnes interpellées, en grande majorité des mineurs. À Lisbonne, rien de tel ne s’est produit, parce que la direction a fermé avant. Mais ce n’est pas à une direction d’établissement de faire seule le travail d’éducation que l’on attend d’abord des familles.

Les parents du lycée français ont choisi pour leurs enfants une scolarité française à l’étranger. Ils ont voix au chapitre dans la vie de l’établissement. Qu’en ont-ils fait avant le 8 octobre ? Le récit de cette matinée publié par Le Petit Journal ne mentionne aucune prise de parole des familles. Laisser un adolescent jouer au révolutionnaire sur Instagram, puis découvrir le matin même que l’école est fermée, ce n’est pas respecter sa liberté : c’est abdiquer.

Au Portugal comme en France, bloquer n’est pas manifester

Une autre question n’a guère été posée ce 8 octobre : la loi portugaise autorise-t-elle un blocus de lycée ? Nous ne le pensons pas. La Constitution portugaise garantit, à son article 45, le droit des citoyens « de se reunir, pacificamente e sem armas, mesmo em lugares abertos ao público, sem necessidade de qualquer autorização ». Se rassembler devant une école avec des pancartes pour soutenir les lycéens de France relève donc d’un droit. En barrer l’entrée à ceux qui veulent y étudier n’en relève pas.

Le décret-loi 406/74, qui encadre les réunions et les manifestations sur la voie publique, permet en effet aux autorités d’interrompre un rassemblement qui trouble gravement l’ordre public ou « o livre exercício dos direitos das pessoas », le libre exercice des droits d’autrui. Dans un avis publié en 2008, la Procuradoria-Geral da República précise que la police peut alors en ordonner la dispersion, de façon proportionnée. La France ne dit pas autre chose : l’article 431-22 du Code pénal punit d’un an d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende le fait de se maintenir dans un établissement scolaire « dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement ». Le juriste Jean-Paul Markus y range le lycéen qui bloque les accès de son lycée, tout en relevant que ces sanctions n’ont, à sa connaissance, jamais été appliquées à des lycéens.

Notre position est donc simple. Si des élèves empêchent d’autres élèves d’entrer dans leur école, ce n’est plus une manifestation, c’est une entrave, et la police portugaise doit intervenir. Non pour punir des adolescents, mais pour rappeler que le droit des uns à protester s’arrête là où commence le droit des autres à étudier. Le 8 octobre, la direction a préféré reporter les cours, en concertation avec l’ambassade de France selon Euronews. La prudence se comprend. Mais une école qui ferme dès qu’on annonce son blocus enseigne aux élèves que l’annonce suffit.

Ce que nous devons au pays qui nous accueille

Il y a un dernier argument, propre aux Français du Portugal. Nous vivons dans un pays qui nous accueille et qui ne nous doit rien. Transporter nos querelles devant les grilles d’une école de Lisbonne, c’est offrir aux Portugais l’image d’une communauté incapable de laisser ses crises à la frontière. Le droit de s’indigner n’est pas en cause. La question est de savoir qui apprend à nos enfants qu’une contestation se fonde sur des raisons, et non sur l’imitation.

Cette fois, la direction a éteint l’incendie avant qu’il ne prenne. La prochaine fois, ce sont les parents qu’on aimerait trouver au rendez-vous, avant les fumigènes ; et si les grilles sont bloquées malgré tout, la police portugaise. La chienlit ne s’arrête pas aux frontières ; l’éducation non plus.

François Wilman, ADAP — Accueil au Portugal

Dernière mise à jour : 09/10/2026

Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle, relu, modifié et validé par François Wilman.

Cet article a été rédigé avec soin, mais peut comporter des erreurs ou des informations datées. Recoupez toujours les informations importantes auprès des sources officielles avant de vous en servir.

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