Édito
Le projet de budget 2027 du gouvernement français veut ramener à 3 000 euros par foyer l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite. La commission des finances de l’Assemblée nationale l’a écarté le 7 octobre, mais la mesure revient en séance puis au Sénat. Nous suivrons de près le vote de nos élus des Français de l’étranger, car un plafond voté n’est jamais qu’un premier palier.
Trois mille euros. C’est ce que vaudrait désormais, au maximum et par foyer, l’abattement de 10 % appliqué aux pensions de retraite, selon l’article 3 du projet de loi de finances français pour 2027. Il est aujourd’hui plafonné à 4 439 euros sur les revenus de 2025. Le gouvernement en attend environ 1,4 milliard d’euros. La logique est limpide, et nous la saluons avec l’ironie qu’elle mérite : quand il faut boucher un trou, il reste toujours les retraités.
Une mesure présentée comme modeste
Sur le papier, tout est mesuré. Le texte ne touche pas au plafond général : il crée un « sous-plafond » propre aux pensions de retraite, les pensions alimentaires et d’invalidité gardant les règles actuelles. Seuls seraient concernés les foyers dont les pensions dépassent 30 000 euros par an, puisque c’est à ce niveau que 10 % atteignent 3 000 euros. Selon le député Nicolas Rey, cité par LCP, cela représente tout de même 4,6 millions de foyers.
Ce seuil de 30 000 euros s’entend par foyer et par an ; les 3 000 euros, eux, ne sont pas un revenu mais le montant maximal de l’abattement. Pour un couple de retraités, 30 000 euros par an représentent 2 500 euros de pension par mois à deux, soit 1 250 euros par mois et par personne : 1 250 euros, fois deux, fois douze mois, font 30 000 euros, dont les 10 % font précisément 3 000 euros. Le député Aurélien Le Coq l’a résumé en commission, toujours selon LCP : « Vous allez toucher tous les retraités qui touchent plus de 1 250 euros ». Voilà donc démasqués les nantis de la nation.
L’effet cliquet, ou la boîte de Pandore
Notre conviction est simple : le chiffre de 3 000 euros compte moins que le principe. Un plafond, une fois créé, devient un curseur. Il suffit ensuite d’un budget difficile, et il y en a un chaque année, pour le déplacer d’un cran. Aujourd’hui 3 000 euros ; demain 2 500, puis 2 000, jusqu’au jour où l’on expliquera qu’un abattement aussi maigre ne sert plus à rien et qu’autant le supprimer.
Le texte promet, il est vrai, que ce sous-plafond serait revalorisé chaque année comme la première tranche du barème de l’impôt. Nous en prenons acte. Mais une loi de finances défait sans peine ce qu’une autre a promis, et en matière fiscale, ce qui a été voté une fois revient rarement en arrière. Qu’on nous démontre le contraire.
Les retraités du Portugal ne sont pas spectateurs
Ceux d’entre vous dont une pension reste imposée en France, les pensions publiques notamment, ne regardent pas ce débat de loin : si la mesure est adoptée, c’est leur impôt français qui pourrait s’en ressentir. Ils n’ont pas de député de circonscription en métropole. Ils ont le député des Français de l’étranger de leur circonscription et les sénateurs représentant les Français établis hors de France. C’est à ces élus qu’il reviendra de les défendre, et c’est sur ce terrain que nous les attendons.
Le vote que nous regarderons
Le 7 octobre, la commission des finances de l’Assemblée nationale a supprimé la mesure, par une large majorité d’élus selon LCP. Rien n’est joué pour autant : le texte revient en séance publique, puis passera au Sénat, et seule la version finale du budget dira ce qu’il en reste. Les défenseurs de la mesure ont déjà leur argument. En commission, Guillaume Kasbarian a lancé à ses collègues : « Vous êtes en train d’amplifier la fracture générationnelle ». Opposer les générations a toujours eu ce mérite : cela dispense de chercher l’argent ailleurs.
Il sera donc très intéressant de suivre le vote de notre député et de nos sénateurs des Français de l’étranger. Voter contre en commission ne coûte rien ; c’est en séance, et au Sénat, que l’on verra qui ferme la boîte de Pandore et qui la laisse entrouverte. Car une boîte entrouverte, on l’a dit, ne se referme jamais tout à fait.
François Wilman, ADAP — Accueil au Portugal
Dernière mise à jour : 08/10/2026
Article rédigé avec l'aide d'une intelligence artificielle, relu, modifié et validé par François Wilman.
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